Un peu d'histoire

Au 15ème siècle, entre Premier et Romainmôtier se trouvait l'ancien village de Lanfrey, situé sur la route qui va à Vaulion. En 1405, il n'y avait plus qu'un seul habitant, Aymonod de Lanfrey. Des fouilles coûteuses furent faites vers l'an 1842 pour y découvrir les trésors qui auraient été enfouis. Hélas, on raconte qu'au moment de découvrir une marmite pleine d'or et un coffre, ces trésors s'enfoncèrent et furent immédiatement recouverts d'une masse de terre.

Au milieu du 16ème siècle, quelques personnes vinrent s'établir à environ 2 km et demi au dessus de l'abbaye de Romainmôtier. Les Candaux, Cochet, Poget, Roy, Boulaz et Magnenat furent les premières familles qui occupèrent la contrée.

Au 18ème siècle, sous la domination bernoise, Premier dépendant du bailliage de Romainmôtier, fut dirigé par un conseil des habitants sous la présidence du Gouverneur.
"Ambiance de l'époque":

"Le 30 octobre 1745, Connaissance a été faite que quand le Gouverneur commandera le Conseil, celuy qui demeurera après qui l'aura commandé plus de demis heure sera amendé pour I batz six demis amoins que l'on n'aie de excuse recevable."

Après la Révolution vaudoise, les limites des communes devant être établies avec précision, une contestation s'éleva en l804 entre les communes de Vallorbe et de Premier au sujet de l'emplacement de plusieurs bornes. Sous la domination bernoise, le village fournissait des soldats à L.L.E.E. Il en fut de même après la Révolution: en 1815, 22 soldats de Premier se rendirent à Genève pour défendre la ville.

Au 19ème siècle, en 1823, Premier envoya des députés au Conseil général des 11 communes de la ci-devant terre de Romainmôtier. Premier manqua d'eau dès sa fondation. En 1827, ce problème préoccupait déjà les autorités: défense a été faite d'arroser les jardins et de faire les lessives.
"Isaac Candaux pour avoir mis tremper une seille à compôte dans le bassin devant la maison de Commune a été muté à 3 batz. "
En 1830, plusieurs habitants de Premier marchèrent sur Lausanne pour forcer le grand Conseil à convoquer une Constituante. On avait construit un four communal qui se louait à l'année. En 1837, sa location se montait à Fr. 103.-, et seuls les habitants de Premier avaient le droitd'y faire cuire leur pain. En 1845, eut lieu une des dernières chasses aux loups du côté des Auges.
De part sa situation sur la route d'Orbe à la Vallée, le village de Premier était considéré comme relais et présentait une grande animation lors du passage des charretiers; deux auberges suffisaient à peine. D'autre part, on y trouvait des forgerons, des tisserands, des cordonniers, des charpentiers. Parmi ces derniers se trouvait "un charpentier juré" fonctionnaire chargé uniquement du contrôle des bois à bâtir. Premier était alors plus grand qu'aujourd'hui; ses maisons étaient accolées les unes aux autres, surtout celles situées à gauche de la route en venant de Romainmôtier. L'ancien collège, appelé petit collège, se trouvait sur l'emplacement de la fontaine au-dessous du collège actuel. Il se composait de deux parties: la laiterie et en-dessus, la salle d'école. Une tour avec clocher se trouvait à l'endroit où fut construit le nouveau collège. Ce bâtiment comprenait une chapelle,la salle de commune et le four communal. Dans les "rigoles" des rues très étroites, le purin y courait librement. La pompe résidait dans une sorte de tour placée au nord des croisements des routes Vaulion, Romainmôtier, Vallorbe.

Du milieu à la fin du 19ème siècle, Premier fut un centre important de tissage de toiles à fromage qui étaient exportées loin à la ronde.



En l884, le 16 septembre vers les 10 heures du soir, par un temps de pluie, le feu éclatait au haut du village. l'incendie détruisit 12 gros bâtiments. le village comptait 245 habitants. Depuis plusieurs décades, un guet fonctionnait pour le prix de Fr. 30.-l'an. Ce service fut maintenu après l'incendie et la surveillance des cheminées renforcées. En juin 1892, par suite de la sécheresse, on en vint à interdire l'usage des cigares et de la pipe dans le village et ses abords.
En 1893, pour la première fois, la voiture postale Croy-Romainmôtier passa à Premier. Pour remplacer les fléaux qui devenaient un moyen trop lent pour les récoltes de plus en plus fortes, on construisit un battoir qui fut détruit presque aussitôt (le 22 octobre 1895). On le reconstruisit immédiatement, et cette année-là les battages se poursuivirent très tard pendant l'hiver. 

En 1898, un important incendie ravagea pour la seconde fois le village.

Pierre Boulaz, bourgeois de la commune de Premier, alors âgé de 79 ans décrit, en 1900, l'incendie qui ravagea son village pour la 2ème fois.
"En l'an de grâce 1898, le 26 septembre, à 2 heures de l'après-midi, par un temps magnifique et un soleil radieux, un affreux incendie a éclaté au village, de Premier alors que les habitants valides étaient aux champs à leurs ouvrages".

Le feu a pris au bas du village, les maisons des deux côtés de la rue ont été instantanément et simultanément enflammées. Le fléau s'est propagé avec une telle rapidité qu'en quelques instants un groupe de 26 maisons, pleines de récoltes, étaient détruites et réduites en cendres, hélas, presque la moitié du village. La Tour elle-même a flambé et s'est écroulée avec un épouvantable fracas. "

A Juriens, les toitures en tavillons furent copieusement arrosées de crainte que les étincelles de Premier n'y mettent le feu. L'eau ne fit pas défaut; quatorze pompes étaient sur les lieux. Toutes les récoltes à Premier furent détruites. La sympathie et la solidarité vaudoise se manifestèrent à cette occasion par de nombreux dons.

"Mais Dieu soit loué, cette fois, comme en 1885, de belles maisons se sont élevées à la place de celles detruites par le feu, et de superbes bâtiments, tels que le collège, la tour, la fromagerie et d'autres qui font un bel effet au milieu du village et font l'admiration des passants." 

En 1900, on plaça une cloche dans la tour. Elle porte le nom de Confiance et les lignes suivantes:
"Fondue en suite du sinistre du 26 septembre 1898"
"Dieu est un secours qui ne manque jamais dans la détresse"

 

   

© OFISA Informatique